
Quand la peur de demander se transforme en une réalité difficile, il en résulte une suite logique de frustrations…
Il n’y a aucun doute sur le fait que les femmes ont fait des progrès incroyables dans tous les domaines de la vie, y compris dans leurs finances personnelles.
Pourtant, les stéréotypes de genre persistent, en particulier en matière d’argent. Les femmes sont souvent conditionnées dès l’enfance à être discrètes en matière financière et à ne pas demander ou exiger. En fin de compte, cela peut se transformer en autosabotage financier, ce qui peut affecter leur avenir financier et leur qualité de vie en règle générale.
Le manque d’éducation financière est un problème majeur chez les femmes :
- Les femmes ont souvent moins de connaissances financières que les hommes, et cela peut les empêcher de prendre les bonnes décisions financières. Bien évidemment, la faute n’est pas uniquement du côté des femmes. Le système financier tel que présenté est très opaque, très orienté produits financiers – et non objectifs de vie – et disons-le, il a été conçu par les hommes et pour les hommes ou quelques initiés.
- Les femmes peuvent aussi se retrouver dans des situations financières difficiles comme des dettes élevées, un faible revenu ou une dépendance financière via la pension d’un ex-conjoint, tout cela étant la résultante du peu de connaissances ou de compétences nécessaires pour gérer leur argent mais aussi des métiers dans lesquels elles sont visibles et très sollicitées – soin, assistanat, association, etc – où la rémunération est souvent moins importante.
Mais le manque d’éducation financière n’est pas le seul obstacle que les femmes doivent surmonter.
En effet, les femmes ont également été conditionnées depuis l’enfance à ne pas demander, exiger ou négocier.
Les femmes ont souvent peur de paraître « vénales » ou « cupides », et elles évitent de parler d’argent, elles sous-estiment leur valeur et ne demandent pas ce qu’elles méritent vraiment.
Cela peut se traduire par des salaires inférieurs, de belles opportunités manquées et des relations financières peu équilibrées.
Par exemple, les femmes peuvent accepter un salaire inférieur à celui des hommes pour le même travail, car elles n’osent pas négocier ou demander une augmentation.
De même, les femmes peuvent être plus susceptibles de subir de véritables abus financiers, psychologiques voire intimes de la part de leur conjoint, car elles ont été conditionnées à ne pas parler d’argent ou à ne pas remettre en question les décisions financières de leur partenaire.
L’autosabotage financier peut également se manifester sous la forme de peur de l’échec ou de la réussite financière.
On le remarque souvent chez les femmes qui se lancent dans l’entrepreneuriat : elles se sentent parfois coupables ou anxieuses à l’idée de gagner de l’argent ou de réussir financièrement car cela va à l’encontre des stéréotypes de genre qui leur ont été inculqués.
Elles peuvent aussi avoir peur de paraître arrogantes ou de perdre des relations importantes en cas de succès financiers.
Comment surmonter l’autosabotage financier ?
Il existe des moyens de surmonter l’autosabotage financier et de prendre le contrôle de sa situation financière. Voici quelques conseils pour les femmes qui cherchent à briser les schémas de pensée négatifs et à atteindre leur indépendance financière :
- Éduquez-vous et prenez le temps d’apprendre sur les finances personnelles. Il existe de nombreuses ressources en ligne, des livres et des cours qui peuvent vous aider à comprendre les bases de l’argent et de l’investissement.
- Parlez d’argent et ne soyez pas timide à propos de l’argent. Parlez-en avec vos amis, votre famille, vos collègues et vos partenaires. Plus vous parlez d’argent, plus vous vous sentirez à l’aise et confiante pour demander ce que vous méritez.
- Identifiez vos croyances limitantes : prenez le temps de réfléchir à vos croyances sur l’argent et sur vous-même. Est-ce que vous avez des pensées négatives ou limitantes sur l’argent ou votre capacité à réussir financièrement ? Identifiez-les et travaillez à les surmonter.
- Fixez des objectifs financiers : fixez-vous des objectifs financiers clairs et précis. Qu’est-ce que voulez-vous accomplir financièrement ? Épargner pour un achat important, rembourser une dette, investir dans votre entreprise ou votre éducation ? Écrivez ces objectifs, faites un « vision board » et suivez leur réalisation.
- Pratiquez la négociation : ne soyez pas effrayée de négocier. C’est un outil essentiel pour obtenir ce que vous voulez financièrement. Apprenez les techniques de négociation et pratiquez-les régulièrement (mon article sur les bénéfices de la négociation pour booster l’estime et la confiance en soi).
- Trouvez des modèles : oui, trouvez des modèles de femmes ou d’hommes qui ont réussi financièrement et qui ont surmonté l’autosabotage. Lisez des livres, regardez des conférences ou rejoignez des groupes de personnes qui se soutiennent mutuellement dans leur indépendance financière.
- Faites-vous confiance : ayez confiance en vous et en vos capacités financières. Vous êtes capable de réussir financièrement, même si cela nécessite de sortir de votre zone de confort. Faites-vous confiance et donnez-vous les moyens de réussir.
En conclusion, l’autosabotage financier est un obstacle important que les femmes doivent surmonter pour atteindre leur indépendance financière. Il peut être difficile de briser les schémas de pensée négatifs, mais avec de l’éducation, de la pratique et de la confiance en soi, il est possible de surmonter ces obstacles. Les femmes peuvent prendre le contrôle de leur situation financière et atteindre leurs objectifs financiers en surmontant l’autosabotage et en développant une relation saine avec l’argent.

Pourquoi cela fait écho chez moi ?
J’ai moi-même connu quelques frustrations financières et l’une d’entre elles a été la non négociation de mon salaire en tant que jeune diplômée. Trois obstacles m’ont empêché de négocier ce salaire :
– mon manque d’éducation sur la rémunération. Alors oui, j’avais à ma disposition Internet, les études globales des rémunérations des anciens diplômés, je suis aussi allée sur Glassdoor et pleins d’autres sites où il est possible de se renseigner sur l’entreprise et ça, je le faisais avec brio. Par-contre, l’aspect négociation restait flou aussi bien en termes de combien demander que comment demander sans passer pour une mendiante.
– le rapport de force avec les entreprises que j’ai toujours trouvé injuste : il faut le dire mais beaucoup d’entreprises nous font croire qu’elles nous donnent une chance en travaillant chez elles. En plus, il y a peu de transparence sur la partie rémunération pendant les entretiens : on nous demande souvent nos prétentions salariales mais de l’autre côté, nous n’avons aucune idée du budget alloué au poste ni des avantages et inconvénients d’accepter tel ou tel statut.
– le chômage car oui à l’époque où je postulais, j’étais au chômage et donc on a toute la pression q ui va avec : combien de temps vais-je rester au chômage ? dois-je accepter la première offre sous prétexte que je suis dans le besoin, dans l’urgence ? Mon anxiété financière a été croissante – je suis restée un an au chômage – et donc quand j’ai eu une proposition d’embauche, je me suis dit que le salaire d’entrée proposé était mieux que 0€ ou des dettes sur mon compte en banque. Donc j’ai accepté ce salaire qui par la suite a peu évolué.
J’ai appris de cette période et aujourd’hui, je donne des cours et je transmets notamment à des étudiants en fin de parcours afin qu’ils puissent être mieux outillés sur les tenants et aboutissants d’une négociation salariale.
J’utilise aussi la négociation dans mes coachings, elle est libératrice.
Related Articles
Related
Et si l’argent n’existait plus…
Introduction Vous êtes-vous déjà imaginé ce scénario de vie ? Comment vivre sans argent ? Quel impact sur le monde dans lequel on vit, bercé par le capitalisme ? Qui sera riche ? Qui sera pauvre ? Ces notions seront-elles toujours d'actualité ? Sur quoi seraient...
Entrepreneur.E.s : créez votre routine bien-être pour performer
Introduction L'une des choses que je me suis promise en rentrant dans l'entreprenariat, c'est de ne pas faire les mêmes erreurs que durant le salariat. Il était donc hors de question pour moi de passer à côté de ma vie en y consacrant cerveau, corps et coeur H24 sans...
Le Monopoly, un atout dans ton éducation financière
1. LES JEUX DE SOCIETE, BIEN PLUS QUE DU DIVERTISSEMENT. Les jeux de société sont bien plus que de simples divertissements. Ils peuvent également être des outils puissants pour développer des compétences et connaissances précieuses, notamment dans le domaine de...